Olivier, quel rôle joue Internet dans la constitution de votre réseau professionnel ?
L’Internet est un peu l’alpha et l’oméga de mon métier. C’est d’abord un objet d’étude : je me suis spécialisé dans les outils de recherche et de référencement, ce qui nécessite une expertise très pointue et un incessant travail de veille. La niche commerciale sur laquelle je suis installé ne concerne que quelques milliers de personnes en France. Je l’exploite donc au maximum, grâce à… Internet, qui du coup se trouve être aussi mon “bureau” virtuel. J’y trouve tous mes outils de travail : les moyens de transmettre mon travail et de m’informer, courriel, salons de discussions, lettres professionnelles, messagerie instantanée… L’Internet me permet aussi d’animer mon réseau depuis mon village alsacien : j’y contacte mes partenaires, je les rencontre parfois, je travaille avec eux souvent au quotidien.
De quoi ce réseau est-il composé ?
Autour de mon site Abondance, j’ai créé un réseau de sites web, le “réseau Abondance”. Ce réseau, construit au gré de mes rencontres sur Internet, est dédié à tous les contenus relatifs au référencement et aux moteurs de recherche. Il comporte plus de vingt sites, bientôt trente, chacun proposant des contenus gratuits ou payants liés à une thématique spécifique, par exemple la nourriture bio ou le sport. Je travaille avec des partenaires parfois très différents. Par exemple, j'organise avec l’un d’entre eux six ou sept fois par an les Rencontres ImiTiki, des conférences portant par exemple sur l’actualité des moteurs de recherche et du référencement. J’ai également un réseau de sociétés prestataires de services (audit de site, aide au référencement), pour lesquelles je suis apporteur d’affaires. Les internautes peuvent contacter ces entreprises à partir de mon site. Elles ont les compétences techniques et logistiques que je ne peux proposer à mon échelle d’indépendant.
Quelles sont vos sources de revenus ?
Etant donné le caractère échantillonné de mes prestations, mes sources de revenus sont elles aussi variées. J’investis beaucoup de temps et d’énergie dans une lettre professionnelle mensuelle. Elle est diffusée auprès de deux mille abonnés et constitue environ la moitié de mes revenus actuels. L'autre moitié vient de mes autres activités.
Ces autres activités, ce sont vos partenariats avec les sites web ?
Oui, pour une grande part. Le modèle économique de certains sites du réseau d’Abondance est basé sur la rémunération en fonction du trafic généré sur leurs pages. Les sociétés partenaires pour lesquelles je suis apporteur d’affaires me rémunèrent également de leur côté soit au nombre de formulaires remplis par les internautes, soit au pourcentage du chiffre d’affaires généré. Avec 1,4 millions de pages vues chaque mois sur Abondance, c’est intéressant pour tout le monde ! Quant à mon propre site, il offre deux ou trois mille pages de contenu gratuit, partiellement sponsorisé. Mais il y a aussi les conférences que je donne dans le monde “réel”, pour diverses organisations comme les chambres de commerce, Benchmark Group…
Vous êtes également auteur d’ouvrages spécialisés ?
J’ai publié une quinzaine de livres, toujours sur le thème de l’Internet. Mais il ne faut pas compter là-dessus pour vivre. C’est la surprise de fin d’année : si ça marche, je m’offre un voyage à Tahiti ! Sinon, je remets mes projets touristiques à l'année suivante. Les revenus issus de mes activités sur Internet sont plus stables.
Avec les partenaires de votre réseau, comment cela se passe ?
Avant que naisse un projet et que la maille de mon réseau s’agrandisse, il faut que je connaisse très bien mes interlocuteurs. Il y a d’abord une prise de contact sur Internet, suivie éventuellement d’un déjeuner, si le contexte s’y prête ! La convivialité sur Internet, c’est possible, mais rien ne vaut une bonne table pour briser la glace. C’est ainsi que j’ai rencontré mes partenaires de Brioude et de Nantes. Je fonctionne au feeling, avec c’est vrai une expérience importante dernière moi et pas mal d’exigence. Mes réseaux naissent au croisement de l’expérience, du hasard et de l’intuition. En général je n’ai pas besoin de démarcher les gens : mon “ancienneté” sur l’Internet et le fait que je travaille sur une toute petite niche sur laquelle il y a très peu de monde fait que je reçois deux cent mails par jour. Quand une rencontre aboutit sur la concrétisation d’un projet, il peut y avoir création d’une structure, une SARL la plupart du temps. Mon réseau global, lui, reste informel.
Et qu'est-ce qui assure, selon vous, le succès de votre réseau ?
La passion ! Les projets qui ont le plus de chance de réussir sur Internet sont motivés par une passion commune. Pour autant, un nouveau partenariat peut naître d’une idée modeste. Je me méfie des idées que l’on me présente d’emblée comme étant révolutionnaires. Et quand quelqu’un n’a que l’argent pour motivation : au revoir… De toute façon, ce sont les internautes qui décident de l’intérêt et de la viabilité d’un projet. Ce sont eux qui font le marché, en faisant bon accueil à une idée ou en la rejetant. Si une idée marche, on continue le partenariat. Si ça ne marche pas, on passe à autre chose. Mon réseau est vivant, il se pérennise par une suite continue de trouvailles et de tests.
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