9ème édition
9 - 10 - 11
OCTOBRE 2007

Interview

Chris Halusiak, fondatrice d’Abracadam.

Cette interview est extraite de l'édition de juin 2004 de Parcours, la newsletter du Salon des micro-entreprises.

ABRACADAM - Carte d'identité :

Activité : Web magazine féminin des loisirs, de la créativité et du talent.
Lieu : Paris, 20ème arrondisement.
Contact : Chris Halusiak, chris.halusiak@abracadam.com 
Adresse du site : www.abracadam.com

 

"Le travail en réseau peut devenir un véritable modèle d’entreprise"

Magazine féminin des loisirs, de la créativité et du talent, ABRACADAM.com ouvre ses pages aux femmes pour les informer, les distraire et leur offrir, une autre façon de vivre agréablement leur temps libre. Chris Halusiak a su conjuguer sa passion pour l’écrit et une solide expérience de l’internet pour réaliser un projet ambitieux, alternative réelle aux titres de la presse féminine. Ses atouts : de fortes convictions et l’art de les faire partager. Aujourd’hui Abracadam est en passe de devenir un véritable portail fédérant de nombreux sites partenaires. Voyage au cœur de l’entreprise en réseau.

Qu’apporte de plus un site féminin par rapport aux nombreux titres de la presse écrite ?
D’abord l’interactivité propre au web. Cela ouvre des perspectives originales et attratives en termes de services. Un exemple : quel magazine peut offrir à ses, lectrices comme nous le faisons une consultation gratuite pour choisir son nouveau look de coiffure et savoir à quel salon s’adresser ? Ensuite plus de liberté et de souplesse dans les modes de consommation : Chez Abracadam, les internautes accèdent en toute simplicité, rapidement et gratuitement à des informations riches et régulières. Elles n’achètent que ce qui leur fait vraiment envie : des modes d’emploi de création déco ou des patrons à réaliser soi-même. En outre, nous avons mis en œuvre un programme de fidélité avantageux pour nos clientes régulières. Toutes choses que les magazines traditionnels ont du mal à réaliser. Et puis, fini les fiches pratiques rangées dans des classeurs encombrants, tout est archivé sur le site ou
téléchargé dans l’ordinateur.

Vous avez créé votre site au moment où la bulle Internet éclatait. Comment avez-vous fait face à cette nouvelle donne ?
Lancé juste après l’éclatement de la bulle Internet, avec le tarissement des investissements, nous ne disposions pas de moyens suffisants pour assurer la promotion du site. Après une première année d’exploitation difficile, nous avons été amenés à reconsidérer notre concept et notre modèle économique. Au lieu de nous recroqueviller, nous avons pris ce nouveau contexte comme une opportunité de développement. Voilà pourquoi aujourd’hui, Abracadam commence une nouvelle vie en tant que portail fédérant un ensemble de sites partenaires. L’objectif est d’en réunir une cinquantaine en veillant à leur complémentarité par rapport aux différentes rubriques du portail.

Pourquoi effectuer un tel regroupement ?
D’abord pour assurer la viabilité d’un modèle économique qui repose sur de nouvelles sources de revenus : un droit d’adhésion au portail avec ses services et ses diverses fonctionnalités, des ressources publicitaires plus importantes du fait du cumul des audiences, en plus des revenus issus de l’accès payant à certains espaces du site, tels que les ateliers de la ruche et les téléchargements de réalisations expliquées dans le domaine des loisirs créatifs. Ils sont réservés aux abonnées.

Comment en êtes-vous venu à créer votre propre entreprise ?
Comme beaucoup d'ex-autodidactes, (j’ai passé une maîtrise de lettres à 40 ans), je suis sans doute moins concernée par les plans de carrière que par  l’acquisition permanente de connaissances. Dans mes différentes expériences comme salariée en agences de publicités ou web agencies, comme dans le journalisme, je ne choisissais pas une entreprise ou un patron, mais des missions et des équipes différentes qui me permettaient à la fois d’apprendre et d’exprimer mon potentiel.
À force de collectionner les CDD, vous finissez par assumer une certaine part de risque, de précarité. Vous apprenez aussi à concilier indépendance et solidarité : l’esprit d’entreprise et l’esprit de réseau ne sont pas bien loin… Une formation en management suivie aux Arts & Métiers a fini de me conforter dans mon envie de créer ma société. Abracadam fonctionne en réseau.

Qu’attendez-vous d’un réseau professionnel et quels sont les réseaux qui vous ont aidée dans votre parcours ?
Avant tout, j’avais envie de rencontrer des pairs pour des échanges d’expériences et de bonnes pratiques. À la création d’Abracadam, les réseaux que l’on m’indiquait ne me convenaient pas : soit trop excentrés, soit trop passifs : en réseau, il ne s’agit pas simplement d’assister à des réunions, mais de s’investir, de donner de sa personne. Je trouve le terme anglo-saxon approprié : dans net-working, il y a working.
Certains réseaux spécifiquement féminins sont très dynamiques et j’en fréquente mais j’ai une préférence pour la mixité. Tout compte fait, la cooptation reste un bon moyen de ne pas se tromper. Sur les conseils d’une amie, j’ai finalement intégré le réseau InterFrench dont je suis aujourd’hui coordinatrice du groupe Networking.

Quel est ce réseau et que vous a-t-il apporté ?
Créé en Californie dans la Silicon Valley, InterFrench fédérait à l’origine la communauté francophone locale. Outre leur goût pour la culture et la langue française, ses membres ont en commun leur expérience internationale dans les start-up, l’industrie et les services hightech. C’est pourquoi le réseau a pris aujourd’hui une orientation professionnelle et une envergure internationale qui dépassent de loin son positionnement d’origine. InterFrench compte plus de 1500 membres en France.
Au gré des rencontres et des séminaires, j’ai pu en particulier avancer dans ma réflexion sur les partenariats, fonder les nouvelles orientations de mon propre site et même rencontrer certains de mes futurs partenaires. Sans cette première expérience, je n’aurais peut-être pas mis en place la nouvelle stratégie d’Abracadam.

Avec Abracadam, vous êtes en quelque sorte devenue vousmême une tête de réseau. Quel bilan en tirez-vous ?
Très positif même si nous ne sommes qu’en phase de lancement de notre nouvelle structure. Les résultats sont excellents parce que tous les membres de ce réseau de partenaires ont un intérêt vital à collaborer dans un cadre défini. Ensemble, nous pouvons atteindre la masse critique nécessaire pour émerger sur notre marché. Quant aux avantages, ils sont nombreux et concrets. Au lieu de faire tout chacun de notre côté, nous mettons en commun nos expériences, nos savoirs-faire, nos contacts et certaines ressources, ce qui élargit nos champs d’actions, nous permet de faire des économies d’échelle, et de mutualiser certains coûts.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?
Nous avons déjà parlé d’une mutualisation des frais, elle intervient notamment pour des actions de communication. Nous pouvons enrichir le contenu de notre newsletter et augmenter sa périodicité ; la fédération des offres, des services et des contenus est plus attractive pour les annonceurs, une offre promotionnelle couplée est à l’étude
entre un partenaire service et un autre dans la vente ; enfin, de nouvelles fonctionnalités telles que des chats pourront être proposées au niveau du portail.
Tout le monde est gagnant : les partenaires d’Abracadam trouvent une solution pour réduire leurs investissements et améliorer leurs revenus publicitaires. Les internautes ont quant à eux un accès simplifié à un contenu plus riche et à des services diverfiés.

Les conseils de Chris Halusiak :

  • “Think Big”. Sans grandes ambitions, on n’arrive pas à grand-chose

  • Choisissez vos associés avec un soin extrême. La complémentarité de vos compétences et un niveau égal d’implication sont des conditions sans lesquelles rien n’est possible.

  • Ne pensez pas réussir en faisant tout, tout seul. Mettez à contribution les personnes et les entreprises qui ont un intérêt à vous voir réussir.

  • Fréquentez les réseaux d’entrepreneurs, sans vous disperser et avec la démarche volontariste de donner beaucoup avant de recevoir.

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