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Comment avez-vous eu l’idée de créer Edumedia ?
J’étais enseignant en chimie et je manquais de supports pédagogiques perfectionnés. J’ai fini par les créer moi-même et de fil en aiguille les collègues ont été intéressés. Puis je me suis dit qu’il y avait peut-être un vrai marché autour de cette activité. Dans l’éducation le multimédia se développe. Internet est un fantastique diffuseur de connaissances et le travail, l’éducation à distance génèrent une demande croissante de contenu en France et à l’étranger. Je me suis dit que toutes les conditions étaient réunies pour créer mon entreprise.
En quoi êtes-vous innovant ?
Rien de nouveau sur le plan technologique. Nos animations exploitent la technologie Flash qui est un standard. C’est le service que l’on a créé autour de ce produit qui est innovant. Vous avez accès en ligne à une bibliothèque de contenu disponible. Les clients ont la possibilité de s’abonner à un prix très attractif. Ensuite, tout est téléchargeable et utilisable sans restriction. Tout est facile d’accès à tout moment.
Comment développez-vous votre activité ?
Les contacts directs sont générés par le site. Il est conçu pour être bien référencé dans les moteurs de recherche. Par exemple, si vous tapez « tremblement de terre » et « animation », nous sortons parmi les premiers. C’est aussi l’avantage d’être sur un marché avec peu d’acteurs. Dans ces conditions, inutile d’investir en publicité pour acheter des mots clés. D’autre part, je prospecte personnellement en me déplaçant à l’étranger. Je reviens d’ailleurs de Vancouver. Au Canada, les grandes superficies et les intempéries peuvent provoquer un isolement qui favorise l’essor du e-learning.
Nous nous développons aussi via des canaux indirects. Nous avons des partenaires qui relaient notre offre et nous font connaître comme le Ministère de l’Education Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MENESR), et des distributeurs de contenu scolaire qui achètent nos produits et les revendent à leur clientèle : Jeriko, CNS (Canal Numérique des Savoirs).
Que privilégiez-vous entre canal direct et indirect ?
En tant que créateur de contenu, j’ai besoin des deux. Les distributeurs sont importants car ils me donnent le relais de leur force commerciale et de leur volume de vente. Mais la rentabilité est difficile car les marges qu’ils pratiquent ne me permettent pas de leur vendre mes produits au juste prix. Il faut savoir qu’une animation peut nous coûter jusqu’à 2000 €. C’est pourquoi aujourd’hui nous sommes soucieux de développer les ventes directes et d’être un canal à part entière pour améliorer la rentabilité de nos produits.
A quoi devez-vous votre succès ?
Tout d’abord à la qualité de nos produits. Nous sommes d’ailleurs reconnus d’intérêt pédagogique. Nous investissons beaucoup dans nos animations : des professeurs collaborent au contenu et le testent, nous faisons appel à des graphistes spécialisés pour les réaliser. Ensuite, à notre détermination à toutes épreuves. Nous n’avons pas attendu d’obtenir des aides pour nous lancer. En France, quand quelqu’un a une nouvelle idée, si elle n’existe pas déjà c’est qu‘elle est mauvaise. Il ne faut pas se laisser gagner par cet attentisme. Notre succès vient enfin de l’avance que nous avons su prendre. Nous avons contribué à créer un marché émergeant. Dans ce contexte, les premiers arrivés sont les premiers servis. Beaucoup ont pensé que les gros acteurs nous contreraient mais ils n’en font rien. Compte tenu de notre savoir-faire et de notre avance, ils ont compris que développer une stratégie d’alliance serait plus profitable.
De quels soutiens avez-vous bénéficié ?
Les aides arrivent plus volontiers quand l’activité est déjà lancée et, au bout du compte, il en existe beaucoup. A la création de l’entreprise, nous avons bénéficié de l’accompagnement d’un incubateur de Marseille,« Belle de mai », financé par la région PACA, qui nous a accompagné par des conseils et fourni des locaux et des ordinateurs. Ensuite, l’Université de Marne-la-Vallée où j’étais enseignant a accepté de me décharger à mi-temps. Nous avons obtenu 60 000 € du MENESR à travers une politique d’aide à la production, 13 000 € d’Oseo Anvar pour une aide à l’embauche et 30 000 € du Fond Régional d’Aide au Multimédia (FRAM).
Travaillez-vous en réseau ?
Bien sûr, c’est capital. Nous en avons besoin car nous sommes une structure légère. Les charges fixes doivent rester les plus basses possibles. C’est pourquoi nous avons peu de salariés mais qui sont multicompétents. Je suis à la fois concepteur multimédia et expert pédagogue pour certaines disciplines. Pour produire le contenu, nous nous appuyons sur un premier réseau : des graphistes indépendants compétents sur la technologie Flash, des enseignants qui interviennent à la mission et des experts pédagogiques. Pour développer l’activité commerciale, je fais appel à mon deuxième réseau, c’est-à-dire les contacts que j’ai développés dans ma vie antérieure d’enseignant, lors de mes déplacements ou de mes participations à des salons professionnels. De plus, nous faisons partie d’un GIE qui nous a beaucoup aidé. En effet, nous sommes le plus petit éditeur de ce groupement de multimédia pédagogique dans lequel se trouvent France5, Bordas, Nathan. Étant donné que nos produits sont des best sellers, ils ont fini par nous considérer et nous contacter pour initier et développer des projets communs.