9ème édition
9 - 10 - 11
OCTOBRE 2007

Interview

Christian Dagher,
Co-fondateur et directeur général d’Umaé.

Cette interview est extraite de l'édition de février 2006 de Parcours,
la newsletter du Salon des micro-entreprises.

CARTE D'IDENTITÉ :
 
« Vous choisissez le réseau autant qu’ il vous choisit »
Activité : création et édition d’objets de décoration réalisés selon le principe du commerce équitable en faisant se rencontrer des designers du nord et des artisans du sud.

Implantation : Paris

Date de création :
2004

Contact : contact@Umae.fr

Site Internet : www.Umae.fr


Diplômé d’une école de commerce, il aide son père dans sa création d’entreprise, devient consultant en analyse financière, part au Cameroun mettre en place de A à Z un centre de formation en gestion pour les chefs d’entreprise et artisans locaux, créer une association de formation et de commerce équitable avant de se lancer dans la création d’Umaé. C’est dire si Christian Dagher était armé pour la création d’entreprise.

Pour créer Umaé, il choisit cependant de se faire accompagner par le réseau Paris Entreprendre et nous confie aujourd’hui quelques règles de bonne conduite. Accompagnement : mode d’emploi !

 
 

www.digitalworld.fr est le site de toutes les dernières tendances numériques. En complément du magazine DigitalWorld , en kiosque tous les 2 mois, le site vous donne les dernières « Digital News », des tests produits au niveau PHOTO, AUDIO, VIDEO, MOBILITE, PC et MAC.
Pour en savoir plus, cliquez ici

 
Comment avez-vous choisi votre réseau ?
C’est d’abord une question d’opportunité. J’ai rencontré Paris Entreprendre sur un salon dédié à la création d’entreprise. Mais j’avais entendu parler de ce réseau avant. Il est implanté en région, et puis, je suis un ancien de l’Edhec et j’ai constaté que l’association des anciens élèves comptait beaucoup de chefs d’entreprise accompagnant ou accompagnés via ce réseau.
Mais c’est surtout l’approche et les objectifs du réseau qui m’ont séduit. Le réseau Entreprendre a pour vocation d’accompagner les gens isolés dans un processus créatif difficile, avec une approche centrée sur le créateur, son parcours, ses idées, sa volonté, son enthousiasme. Et cette philosophie me correspondait. Vous savez, le commerce équitable en est à ses débuts. J’y crois très fort, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Alors cela me plait que l’on évalue le créateur et pas uniquement à son projet.
Comment s’est passée votre admission ?
Travailler avec un réseau, c’est un choix mutuel. Avant d’être admis, il y a une sélection. Les créateurs d’entreprise se portent candidat et concourent pour obtenir le prix : un prêt d’honneur, un accompagnement de trois ans et un parrain. Le dirigeant du réseau a pré-évalué mon projet et m’a aidé à bien le finaliser avant que je me porte candidat. Un comité de dix chefs d’entreprise, membres du réseau, a évalué mon dossier et m’a désigné lauréate comme 27 autres jeunes entreprises. Nous avons, à cette occasion, obtenu une subvention de 40 000 euros, qui correspondait à un besoin de financement prévu dans le business plan.
Comment se matérialise cet accompagnement ?
Chaque promotion d’entreprises lauréates se réunit une fois par mois autour d’un déjeuner. Nous intervenons les uns après les autres pour donner un point à date sur l’état de notre activité. Puis chacun réagit et donne des tuyaux sur l’étape étudiée. Cette réunion est généralement animée par le dirigeant du réseau. Il arrive aussi qu’un expert intervienne pour nous former sur une problématique spécifique. Dernièrement, nous avons abordé les mécanismes de valorisation de l’entreprise quand on envisage de céder des parts de son activité.
Et le parrainage ?
Mon parrain me suit plus régulièrement. C’est un interlocuteur privilégié, très expérimenté dans la création, avec qui je fais un point mensuel sur l’activité. Nous analysons les chiffres clés, nous échangeons sur des questions de stratégie ou de management. Cela me permet de relever la tête du guidon et de prendre du recul. Récemment, j’ai eu l’opportunité d’ouvrir un point de vente en propre. Nous avons évalué ensemble la faisabilité de l’opération et étudié de près les questions financières. Il m’a fait profité de son expérience, puisqu’il avait déjà monté un showroom.
Vous impose-t-on des contraintes ?
Je ne considère pas cela véritablement comme des contraintes. Bien sûr, nous devons rendre des comptes quand, bénévolement, on vous donne du temps ou quand on vous attribue une subvention. C’est normal dans un rapport gagnant/gagnant. Et puis ce réseau à une longue expérience. C’est pour cela aussi que je l’ai choisi. Même si on m’impose des méthodes ou des règles, je les connaissais avant d’adhérer et je les accepte car je sais qu’elles ont fait leurs preuves. Cela se traduit par des tableaux de bord mensuels de trésorerie ou de résultat, des comptes-rendus sur le développement commercial, nombre de prospects contactés, de salons, d’affaires signées, de ventes…sur la base desquels on échange lors des réunions mensuelles individuelles ou collectives. Et c’est très utile.
L’autre point important, c’est qu’au terme des trois ans d’accompagnement, on devient à notre tour accompagnateur et parrain. C’est à nous de transmettre notre expérience et de soutenir d’autres créateurs. C’est là encore l’occasion de continuer à apprendre.
Les conseils de Christian Dagher :

 

  • Choisissez judicieusement votre réseau d’accompagnement. Vérifiez son efficacité et son taux de réussite.
    Les réseaux de qualité sont un peu élitistes. Vous devez passer par un processus de sélection mais c’est aussi un bon filtre pour votre projet car si vous êtes accepté c’est que votre projet a du répondant
    .
  • Ayez en tête que vous allez entrer dans une relation longue, donnant-donnant, avec des contraintes. Soyez humble devant l’expérience des autres. Rien ne vous oblige à vous faire accompagner, mais si vous le faites, suivez les méthodes de travail proposées. Elles ont été formalisées et se sont imposées parce qu’elle ont fait leurs preuves.