Faire construire une usine, cela paraît une entreprise titanesque pour un indépendant. Comment parvenez-vous à financer un projet d’une telle envergure ?
Vous savez que tout entrepreneur peut obtenir des aides financières si son projet est retenu. C’était le cas de Cybèle Environnement. Ma première subvention m’a été accordée par Eco Emballage pour un montant de 76 000 euros. Par la suite, l’ADEME avec le Conseil Régional du Pas-de-Calais, puis le Ministère de la Recherche m’ont également offert des aides financières.
Comment avez-vous réussi à obtenir ces subventions ?
J’ai découvert ces filières de financements de différentes manières. Eco Emballage est un organisme qui a pour vocation d’aider les projets liés au recyclage des emballages. C’était logique de leur soumettre mon idée. En ce qui concerne les autres organismes, je les ai découverts sur les conseils de mes proches ou des professionnels qui suivent mon projet (Chambre de Commerce, Pole de Développement). Cela ne coûte rien d’essayer, il faut savoir monter un dossier qui valorise l’idée et dont la présentation rassure sur l’aptitude du créateur à la mener à bien. Dans la foulée, j’ai aussi gagné le Grand Prix 2001 du Salon des micro entreprises : une dotation de 7 600 euros (50 000 francs).
Mais les subventions couvrent rarement la totalité du financement d’un projet.
En effet ! C’est tout au plus une aide pour couvrir les divers frais en phase de conception : les honoraires d’experts, les déplacements... Pour le reste, il faut investir sur ses fonds propres. À titre d’exemple, la protection de mon idée par le dépôt d’un brevet m’a déjà coûté 68 000 euros.
Avez-vous fait appel à d’autres sources de financements ?
En ce qui concerne le développement de mon projet à l’échelle industrielle, je compte énormément sur les capitaux risqueurs, dont j’espère tirer les fonds nécessaires à la réalisation de mon projet. Mais avant de pouvoir mener ce tour de table, je dois valider la phase de prototype et finaliser le dossier. J’attends de pouvoir tester mes palettes (réalisées à partir de bouteilles en plastique recyclées) avec des clients potentiels. Leurs avis favorables sur mon produit auront évidemment plus d’impact sur les investisseurs.
Et les banques ?
Ce sont en général les dernières à prêter de l’argent, donc je les verrai en dernier ! Si j’obtiens de bons résultats à l’issue des tours de tables avec les capitaux risqueurs, je serai en meilleure position pour les solliciter sur la base d’un dossier déjà financé en partie.
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