Salon des micro-entreprises
 
TOUTES LES SOLUTIONS POUR CRÉER, GÉRER ET DÉVELOPPER VOTRE ENTREPRISE


Sous le haut patronage du Président de l'Assemblée nationale, M. Bernard Accoyer
En partenariat avec
M6 APCE Visa Business RTL  
 
 

Interview

Edgar Grospiron, Fondateur de EdGE

Cette interview est extraite de l'édition novembre 2004 de Parcours, la newsletter du Salon des micro-entreprises.

  Carte d'identité


CitationPour motiver une équipe, il ne suffit pas d’être compétent “techniquement”Citation fin
Edgar Grospiron

Activité : Conseil en management de la performance et de la motivation

Implantation : Annecy

Date de création : 2003

Effectif :1

Contact : edgar@grospiron.net

Site internet : www.grospiron.net

 

Edgar Grospiron a aujourd’hui autant “la pêche” que quand il s’élançait sur ses skis pour voler de victoire en victoire. Le triple champion du monde - et premier champion olympique - de ski de bosses a su analyser les raisons de ses succès sportifs et les transposer dans le monde de l’entreprise. Aujourd’hui conférencier, formateur et coach en motivation, il revient sur son parcours professionnel et en profite pour nous livrer les recettes de ses succès, des recettes simples et très efficaces…

 

On parle souvent de la reconversion difficile des sportifs… Est-ce que cela a été un problème pour vous ?
Me reconvertir n’a effectivement pas été une chose facile : à 25 ans, l’âge auquel certains achèvent à peine leurs études, j’avais déjà derrière moi une carrière complète, qui plus est une carrière faite de passion et de succès ! Comment refaire un parcours aussi passionnant ? Pour retrouver de la motivation, il me fallait rebâtir un projet professionnel à la hauteur de ce que j’avais déjà vécu et évidemment cela demandait du temps. Je me suis d’abord laissé porté par le succès pendant 5 ans en travaillant avec mes sponsors, pour mettre au point les skis paraboliques et organiser des événements autour du ski de bosses. Cela m’a permis de me familiariser avec le monde de l’entreprise. J’ai découvert comment monter un projet, le vendre en interne, et travailler en équipe. C’est en 1999 que j’ai cru pouvoir concilier dans un projet ambitieux ma passion du ski et mon envie d’entreprendre. Je me suis lancé dans l’aventure Internet : j’ai monté un projet pour créer un site dédié aux sports de glisse, www.ridearth.com. C’était grisant : j’ai levé 5 millions de francs, créé ma start-up et embauché 12 salariés. Notre site était très attractif, malheureusement il n’y avait pas de marché. Malgré un succès d’estime, il m’a fallu arrêter l’activité au bout de 2 ans. L’expérience fût très enrichissante sur le plan humain, j’y ai découvert tous les aspects de la création et de la gestion d’une entreprise et de m’initier au management d’une équipe.

Après cet échec, comment avez-vous rebondi ?
J’ai fait mon autocritique : j’avais réussi comme sportif mais échoué comme entrepreneur. Je me suis donc “rangé” pour réfléchir ce pourquoi j’étais fait tout en saisissant l’opportunité de rentrer chez Salomon à la Recherche et au Développement, 3 jours par semaine.

Pourquoi un travail à temps partiel ?
J’ai profité de mes 2 jours libres pour me former. J’ai étudié le management de la motivation avec le CRECI, un organisme de formation spécialisé dans le développement de la performance. J’en ai profité pour modéliser les mécanismes de la performance que j’avais découvert de façon intuitive sur les pistes de ski. Grâce à cela, j’ai pu créer mon “business model” autour de conférences sur la motivation, de coaching en entreprise et de la formations au management de la motivation (avec le CRECI). J’ai construit ces prestations en  m’appuyant sur mes valeurs, des valeurs que j’avais déjà quand je skiais : service, passion et progrès !

Pourquoi cette spécialisation sur la motivation ?
J’ai tiré de mon expérience de sportif un “savoir-être” particulier : la capacité à me donner une motivation et à la transmettre aux autres. Pour être performant dans une entreprise, ce “savoir-être” est aussi indispensable au niveau relationnel et managerial que le savoir-faire l’est sur le plan technique. Beaucoup de managers très compétents sur l’axe technique de leur métier se révèlent pourtant incapables de motiver leur équipe et ainsi la conduire au succès. Pour autant, il n’y a pas de mauvais manager. Certains sont très autoritaires, d’autres plutôt responsabilisant. Mon boulot, c’est de les amener à s’appuyer sur leurs forces pour se compléter sur leurs manques.

Vous êtes le seul salarié de votre société… Comment vous organisez-vous pour gérer tous les aspects de votre activité ?
J’ai identifié mon cœur de compétences et je reste concentré dessus. Chaque chef d’entreprise a intérêt à externaliser toutes les tâches qui ne relève pas directement de ses compétences et que quelqu’un d’autre pourra mieux faire que lui. Pour éviter de me disperser, je m’entoure donc de gens talentueux qui me font gagner du temps et me permettent de démultiplier mon action. J’ai bien sûr un cabinet comptable, mais je me sers également d’agences d’événements pour relayer ma prospection commerciale. Ainsi, je me concentre sur une dizaine de contacts au lieu de me disperser inutilement. Pour aider mes prescripteurs, je leur fournis des supports de communication innovants qui valorisent mes prestations. Par exemple, j’ai fait réaliser récemment une i-card vidéo qui présente mon activité de conférencier.

Comment fidélisez-vous vos clients ?
En général, les conférences sont mon produit d’appel. Par la suite, j’ai des procédures pour relancer mes clients et leur vendre coaching individuel et des formations en management, que j’assure toujours en team avec un consultant du CRECI.

Au bout de 2 ans d’activité, quel est votre bilan ?
J’avais un objectif de 50 conférences cette année… et je vais allégrement l’atteindre ! Et pour l’année prochaine, j’ai déjà 10 semaines réservées uniquement en formations ! Je n’irai pas au-delà car je souhaite que les conférences restent mon cœur de prestation. C’est là que j’obtiens le plus de plaisir et le meilleur retour sur le temps investi.

Quelles sont vos méthodes pour être plus performant sur le plan professionnel ?
Je me suis organisé pour optimiser mon temps. En effet, pour être performant dans mon travail, j’ai quelques priorités que je dois savoir concilier. D’abord, mes prestations dépendant directement de mon image personnelle, je dois conserver une bonne forme physique et un haut niveau d’énergie, et donc courir une heure et demi, 3 fois par semaine. Ensuite, il faut que je continue à acquérir des connaissances en coaching et en management. Enfin, je suis dans l’obligation de faire un minimum de prospection téléphonique. Pour gagner du temps et rendre ces activités indispensables moins rébarbatives, je les ai fusionnées dans un même programme : “ footing and phoning ”. Je cours un matin sur deux en écoutant mes cours enregistrés en mp3 sur mon baladeur. Je sors de là gonflé à bloc et d’attaque pour passer des coups de fil de prospection. Et pour m’assurer d’être régulier, j’ai bloqué par avance toutes les matinées consacrées au “footing and phoning” sur mon agenda. Ainsi, grâce à une méthode appropriée et une bonne gestion de mon temps, en l’espace d’une matinée, je maintiens ma forme, j’acquiers des compétences et je décroche des clients ! Et ce n’est pas tout : je peux mesurer l’efficacité de mon programme ! L’indicateur est très simple : il me suffit de monter sur ma balance. Si j’ai mon “poids de forme” c’est que je mets tout en œuvre pour être performant dans mon métier !

Quelle est la prochaine étape du développement de votre activité ?
Au bout d’un an et demi d’activité, j’ai atteint l’objectif “utopique” que je m’étais fixé : “m’éclater” autant et gagner aussi bien ma vie que quand j’étais champion olympique ! L’étape suivante, c’est me diversifier, afin d’accroître encore mes compétences en coaching et en management. Je compte investir du temps et de l’argent dans l’hôtellerie et la restauration, deux activités de services exigeantes en termes de management et de satisfaction clients, bref un vrai nouveau challenge. Je m’impliquerai personnellement dans ces entreprises afin d’instaurer mes méthodes de management. Je m’entourerai de talents et ma tâche sera de les mobiliser autour d’un vrai projet et de leur apporter suffisamment d’énergie pour leur donner envie de se surpasser !


Les conseils d'Edgar Grospiron :


Ne transigez pas sur la passion. La passion est une source illimitée d’énergie. Elle est la foi qui déplace les montagnes. Grâce à elle, vous allez pouvoir mettre autant d’ambition dans votre activité professionnelle que dans votre développement personnel… à condition de ne faire que ce qui vous plait et de savoir bien vous entourer pour le reste.

Sachez déléguer et faire relayer vos actions. Identifiez votre pôle de compétences et focalisez-vous dessus. Pour éviter de vous disperser, déléguez ou externalisez toute tâche ne rentrant pas dans ce pôle : faire ce pour quoi on n’est pas fait est une source de frustrations et de performances médiocres, et au final, un gaspillage de temps et d’énergie. D’autre part, le concours d’autres talents vous permettra de démultiplier votre action.

Développez des méthodes pour cultiver vos performances personnelles. Apprenez à gérer votre temps et développez votre sens de l’organisation. Inventez vos propres méthodes de travail, toutes tendues vers un seul objectif : vous faire gagner en efficacité et en productivité.

 


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