Comment avez-vous décidé de créer une entreprise autour du chocolat ?
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Quand on est martiniquaise, donc d’une couleur à croquer, c’est presque naturel ! Et puis, j’ai une sacrée expérience du produit derrière moi. Je me souviens que déjà toute petite, j’allais avec ma grand-mère cueillir des cabosses dans les champs de cacaoyers pour notre traditionnel chocolat chaud. C’était une vraie fête ! Je n’avais donc pas le choix. Mon destin c’était le chocolat ! Je tenais à partager mon amour du chocolat côté sensualité, créativité et histoire. Quitte à créer ma propre entreprise ! Etre animée d’une telle passion est un atout majeur pour faire face et garder le sourire en toutes circonstances. Cela m’a permis de surmonter bien des obstacles en restant positive. Finalement c’est l’idée de travailler pour le plaisir qui m’a donné le courage de me lancer, même seule. Je savais que je rallierais du monde à ma cause ! Mais si la passion suffisait... Il a fallu conceptualiser les choses pour en faire une activité professionnelle pérenne. J’ai alors cherché un positionnement original : revisiter les accessoires autour du chocolat pour en faire des « contenants de passion ». Je m’efforce ainsi de développer une offre attractive, organisée et accessible pour les professionnels. Je propose un univers pour valoriser le chocolat et la petite dégustation : cabosses de cacao (naturelles ou séchées), chocolatières, tasses originales, verseuses pour le thé, assiettes, cuillères à dégustation, moussoirs... et même des bijoux couleur chocolat ! |
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Comment travaillez-vous à Blue Cabeza ?
Etant toute seule pour l’instant, c’est assez simple : je fais tout ! Je conçois les produits, gère leur fabrication et les commercialise. J’étudie aussi moi-même l’évolution de la demande et prospecte de nouveaux clients.
Mais comment vous organisez-vous pour faire tout ça ?
Déjà, je garde les oreilles grandes ouvertes et les papilles en alerte ! Mes relations dans le monde de la pâtisserie confiserie et de la restauration en général me permettent de rester en continu à l’écoute de la demande. Je vois concrètement ce qui se fait, ce qui plait et surtout, ce qui manque. Je crée alors moi-même des produits, comme le « Bibek »®, ensemble composé d’une verseuse et de deux tasses pour une dégustation, en secret à deux, ou j’adapte des produits oubliés, délaissés que j’ai découvert en négociant directement avec les fabricants. Certains clients qui apprécient mon savoir-faire me sollicitent même directement pour de nouveaux accessoires ! Par exemple, une fois j’ai bousculé la tradition des moussoirs à chocolat en créant des plus petits. Ça a été un vrai succès, tout le monde en veut ! Je fais fabriquer des prototypes pour voir si l’écho fonctionne, et attends d’avoir des demandes fermes et précises. Je commande alors à mes fournisseurs la fabrication de petites séries (50 ou 100 articles), que je stocke dans mon bureau. Je mobilise mon réseau et prospecte auprès d’autres professionnels ciblés, pour faire la promotion de mes articles. Par effet boule-de-neige -mes clients étant souvent prescripteurs dans le milieu - je suis amenée à rencontrer de plus en plus de clients potentiels (écoles, musées et antiquaires compris !).
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| Cabosses naturelles et fraîches ouvertes... |
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Justement, comment arrivez-vous à vous faire connaître ?
Vous savez les gourmands et autres passionnés sont souvent très curieux, très ouverts...Tous les gens autour de moi ont un lien avec la restauration quand ce n’est pas directement avec le chocolat. En fait ce sont mes amis de la profession, mes clients, et parfois même des inconnus qui ont entendu parler de ma société qui s’occupent de ma publicité ! J’entreprends aussi moi-même des actions de communication. J’ai ainsi rejoint le club de fournisseurs du fameux Guide Cadhi (la Centrale d’Achat Des Hôteliers Indépendants), rédigé un communiqué de presse pour le site de la Confédération des chocolatiers, établi des liens réciproques avec des sites web de référence comme choco-club, chocoHolic ou Plats-net ; je suis membre du Club des Croqueurs de Chocolat, de la Marmite à Malices... Blue Cabeza a même réussi cette année à être « sponsor du Championnat de France des Glaciers » ! Juste en prêtant mes assiettes à un des organisateurs du concours que je connaissais ! Je n’aurais jamais imaginé qu’en rendant simplement service je serais décorée comme partenaire de goût ! Des photos avec mes articles avaient été prises pour la presse, et Blue Cabeza a été cité dans un magazine professionnel de renom, avec un lien vers mon site ! Finalement c’est le bouche-à-oreille de ceux qui apprécient l’élégance, la qualité de mes articles et de mon service, mon enthousiasme qui me sert le plus.
Pouvez-vous nous décrire vos réseaux ?
Dans ma vie j’ai rencontré beaucoup de gens d’horizons divers et surtout dans le monde de la gastronomie où j’ai de nombreux amis proches. On se rend mutuellement service parce qu’on aime travailler ensemble. Ils ont confiance en moi, et me sollicitent dès qu’émerge un problème chocolaté, ou une recherche d’idée originale de présentation de plat, une demande d’animation à table ! J’ai construit plusieurs fois des partenariats improvisés avec ou grâce à eux ! Non seulement ils me permettent de nouveaux contacts, mais en plus, en tant que professionnels reconnus ce sont de véritables prescripteurs de mes produits.
J’ai aussi mon réseau de fabricants et fournisseurs. Il y en a cinq avec qui j’entretiens des relations régulières, dont un situé au Japon ! Je crois que c’est important de limiter ce nombre sans pour autant se fermer aux autres. Le fait de les solliciter régulièrement me pose comme client sérieux et ce, malgré la taille de mon entreprise. Ainsi puis-je construire avec chacun des liens basés sur le respect et la compréhension. Bien que mes produits évoquent la fantaisie et les petits plaisirs, je demeure toutefois exigeante avec mes partenaires ! Il faut toujours soigner le détail ! Enfin, je commence à avoir un réseau conséquent de relations plus fiables (professionnels et autres) avec qui je collabore et que je sonde par rapport à mes créations. Ils constituent une précieuse source d’informations car ils connaissent bien les goûts de leurs clients. Leurs conseils sont souvent des pépites d’or ou de chocolat !
Comment faites-vous pour rencontrer autant de gens ?
Je suis une aficionado des réunions, réceptions, congrès et salons professionnels ! Remises de Trophées, incontournable salon du chocolat, celui de la Patisserie-confiserie-glaces (Intersuc-Europain), Sirah de Lyon, Ambiente à Frankfurt, Artisanales de Chartres... J’essaie d’être toujours présente ! Ce sont des lieux d’élection pour acquérir des informations et développer mon commerce : j’y trouve me fabricants, mes clients anciens et potentiels, mes amis prescripteurs... J’y ai même trouvé mon mari, il y a 20 ans, agent commercial pour un grand fabricant français de chocolat ! Tous les acteurs du marché y sont réunis, animés par la passion commune de la gastronomie... Pour moi les salons surtout, sont de vrais outils professionnels, des laboratoires marketing grandeur réelle ! Les fréquenter me permet de rester en prise directe avec l’actualité et de limiter mes risques au maximum. Ça fonctionne presque à flux tendu : je crée selon les besoins et fait fabriquer en fonction des commandes ! Il m’est même déjà arrivé de traiter une affaire en une journée ! Par exemple, un de mes clients restaurateurs me fait part de son besoin d’une verseuse originale pour un événement spécial, je contacte un fabricant susceptible de répondre à cette demande, on travaille ensemble en dessinant un prototype que je présente dans la foulée à mon client et c’est signé !
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