Du 30 sept. au 2 oct. 2014
9h-18h - Palais des Congrès - PARIS
En partenariat avec :         APCE Companeo Viadeo L'Entreprise.com Le Figaro Le Journal du Net.com NRJ Global
 
 

Interview

François Aelion, Fondateur de Danthros

Cette interview est extraite de l'édition septembre 2003 de Parcours, la newsletter du Salon des micro-entreprises.

  Carte d'identité


CitationComment j'ai créé mon supermarché de la formation sur Internet Citation fin
François Aelion

Activité : Formateur comportemental

Implantation : Paris

Date de création : Juin 1986

Effectif : 2

Forme juridique : SARL

Contact : info@danthros.fr 

Site Internet : www.danthros.com


 

François Aelion est un véritable boulimique de savoir. Avec une frénésie toute rabelaisienne, il revisite Shakespeare, le cinéma américain, les présocratiques ou les grands textes religieux pour en tirer la " substantifique moelle " qui permet de développer l'efficacité personnelle et la confiance de cohortes de cadres et de managers. Sa mission : rendre par tous les moyens ce savoir immédiatement accessible, l'adapter pour créer et transmettre des outils opérationnels dans l'entreprise. Dans cette révolution du savoir, les nouvelles technologies ont toute leur place. 

 

Qu'est-ce qui vous a décidé à créer votre propre entreprise ?
Dans tous les postes que j'ai occupés, j'étais probablement trop caractériel : je ne m'entendais pas avec les dirigeants. Je faisais preuve de trop d'indépendance d'esprit pour m'intégrer à de grandes structures. Il fallait bien tôt ou tard en tirer les conséquences. Cela dit, le premier virus de la création, je l'ai eu à 25 ans en créant une agence immobilière. Sans être une vocation ou une fin en soi, l'entreprise a toujours été pour moi un recours possible.

Pourquoi avoir choisi, assez tard, la formation comme secteur d'activité pour créer votre entreprise ?
Cela ne pouvait pas se faire avant car par définition, pour former il faut avoir une expérience à communiquer. La vie vous façonne d'une telle manière qu'à un certain moment les clés que vous avez utilisées pour avancer vous paraissent à la fois originales pour susciter l'intérêt et utiles pour être transmises à d'autres personnes.

Quelles sont les particularités de votre parcours qui vous ont amené à ce constat ?
Je suis toujours entré en accès direct dans mes différentes expériences professionnelles. Jamais de préparation, de prédestination : je suis devenu secrétaire général dans le groupe Biderman en sachant à peine ce qu'étaient un débit et un crédit. De même je ne connaissais rien au métier de la formation quand je me suis mis à l'exercer. Pour mes premiers séminaires, j'allais à la FNAC acheter des bouquins et m'inspirer des  tables des matières. Toute ma vie, j'ai privilégié l'obtention et l'immersion du job à la formation qui va permettre de l'exercer. Cette posture d'éternel autodidacte est un extraordinaire moteur sur les plans personnel et professionnel.

Ce n'est pas un peu dangereux ?
En tout cas, un peu fatigant ! En contrepartie, je pense que c'est dans l'inconfort et le risque que vous apprenez vraiment en ne retenant que ce qui est indispensable à votre survie. On se bat mieux le dos au mur. Le courage, est plus facile quand on n'a pas le choix. C'est en général la posture des entrepreneurs, ce qui explique l'évolution rapide et radicale de leur personnalité et de leur efficacité une fois qu'ils ont franchi le pas. Et puis vous savez, lorsque vous vous comportez en débutant, vous évitez l'inertie d'anciens comportements et des préjugés. Sans certitudes, vous êtes libre et ouvert. Vous ressentez la nécessité de poser des questions pour comprendre et agir, vous avez vraiment envie d'apprendre grâce aux autres.

Finalement, c'est votre mode de vie qui a déterminé le concept de vos formations…
Tout-à-fait. Aujourd'hui, ce mode de vie personnel se ressent dans les formations que je dispense où il s'agit d'aller tout-de-suite à l'essentiel. Évidemment, on se prend parfois des claques, mais le reste du temps, quel gain  de temps. J'ai d'ailleurs créé un séminaire sur ce thème : " Efficacité, science des effets majeurs ". j'interviens sur le management, la négociation et la vente, le développement humain, la gestion du temps, les techniques cognitives, la communication pluriculturelle en l'entreprise (lors de fusion par exemple ou à l'international).

Votre ligne de conduite est originale et personnelle, les personnes qui travaillent avec ou pour vous arrivent-elles à suivre ?
C'est la difficulté. La limite du modèle, c'est qu'il est difficilement reproductible. Les bons collaborateurs à qui je transmets cette philosophie se mettent vite à leur compte. La densité de connaissances et d'activités à laquelle ils sont exposés fonctionne comme un accélérateur de carrière. Certains ont triplé leur salaire en passant par Danthros. Et, comme nos relations ont toujours été excellentes, ils sont aujourd'hui devenus des clients.

Ce n'est pas un peu paradoxal de former au management et dans le même temps de confesser une certaine faiblesse dans ce domaine ?
C'est comme les entraîneurs de football : ils passent leur temps à enseigner à leurs poulains ce qu'ils regrettent toute leur vie de ne pas avoir su suffisamment bien faire par eux-mêmes. De même dans l'entreprise, le meilleur vendeur ne sera pas forcément le meilleur formateur en vente.

Qu'est qui fait le succès de votre méthode ?
La méthode, c'est de savoir combiner toutes les méthodes dans une sorte de grand supermarché de l'efficacité, une notion qui va bien avec l'époque. En négociation par exemple, si vous utilisez cinq ou six méthodes conjointement comme la PNL, la process communication, l'AT, l'Ennéagramme, les dominantes Herrmann ou la négociation raisonnée d'Ury Fischer, vous pouvez vous tromper une ou deux fois, mais pas 6 fois ! En croisant  votre méthode avec plusieurs autres, vous réduisez le champ d'incertitude. Je propose donc de nombreux parcours différents pour arriver aux mêmes objectifs en fonction des personnalités de chacun. Le simple fait d'avoir des outils donne confiance et s'impute automatiquement dans un système de vie. Lorsque vous avez l'impression de maîtriser quelque chose, vous êtes forcément plus à l'aise et quand vous êtes plus à l'aise, vous êtes forcément meilleur.

Alors que votre activité est très " physique " et repose sur le relationnel, pourquoi avoir développé un outil de e-learning sur Internet ?
Je travaille par dialectique et j'aime intégrer en permanence les extrêmes. Vivant dans l'improvisation et la variation, j'ai voulu fixer mes savoir-faire, démultiplier mon action, effectuer des transferts de connaissance  et trouver des modes de diffusion plus puissants pour une audience plus large. En quelque sorte, donner plus de bande-passante à la connaissance.

Comment avez-vous intégré cet outil dans votre démarche ?
Internet, c'est l'outil de l'interactivité, de la requête immédiate et par là même un média qui entre en résonance avec mon approche de la formation. Durant 3 ans, j'ai passé mon temps à écrire tous les jours jusqu'à 1 heure du matin, écrire pour pérenniser tout ce que j'avais appris. Ce virage à 180 ° m'a permis de m'engouffrer dans une démarche de formation résolument différente. Je me suis rendu compte que tous les sujets étaient sécables en " granules de formation ", qui sont en quelque sorte les plus petites unités de savoir que chacun peut s'administrer à tout moment et à son rythme dans un apprentissage permanent. On retrouve mon idée d'accès à la formation, immédiat et à la carte. Par exemple, vous tapez " erreur " dans notre moteur de recherche et vous avez cinq ou six granules qui s'affichent et vous guident sous forme de questionnaires pour gérer l'erreur. Toujours pour les femmes et les hommes pressés qui ont soif de réponses immédiates. En formation, nous sommes dans la tri-thérapie. Il y a un temps pour la stimulation et l'oralité, un temps pour la réflexion et un temps pour l'action répétitive. Internet est l'outil idéal pour cette dernière phase.

Vous avez beaucoup investi dans des start-up Internet, où en êtes-vous aujourd'hui ?
J'ai pratiqué le capital-risque dans deux domaines : l'immobilier et l'internet. Ce que j'ai perdu dans le clic, je l'ai gagné dans le mortar. Internet n'a pas d'intérêt en soi. Pour entreprendre sur Internet, il faut avoir une vraie affinité avec le contenu ou les services que l'on va développer. J'ai recentré tous mes efforts sur le e-learning, dont j'ai la certitude qu'il va exploser en France comme il l'a fait dans de nombreux pays. Et puis, tout entrepreneur doit penser à la revente de son entreprise et pour la valoriser, il faut savoir capitaliser et formaliser le savoir-faire. L'Internet m'aide à donner une assise, un tronc commun à une activité qui était trop centrée sur ma personne.



Les conseils de François Aelion :


Pratiquez la volonté et l'endurance comme des sports de haut niveau. Préparez-vous, mesurez vos progrès dans ce domaine. Tant que l'on ne vous a pas dit " non " quatre fois, on ne vous l'a pas dit. Vous avez encore toutes vos chances de l'emporter Pour les anciens Grecs, quatre, c'était le début de l'infini.

Développez votre imagination. Ce qui ne veut pas seulement dire avoir une bonne idée pour créer votre entreprise car les bonnes idées sont les fruits d'une conjoncture et d'un contexte. Fatalement, vous serez donc toujours en concurrence avec des entrepreneurs qui auront eu la même idée que vous. Ce qui compte, c'est d'avoir de la suite dans les idées, de donner des idées à votre idée, d'être imaginatif dans sa mise en œuvre. Souvent le créateur n'est pas assez souple dans le développement de son idée. L'intransigeance est une source d'échec.

Se conditionner pour vivre durablement dans un système où rien n'est acquis, mais où tout est toujours possible. Pour réussir, ne soyez jamais surpris et toujours curieux.

 


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