Jean-Noël Potin, comment avez-vous eu l’idée de créer
EX-INDUSTRIES ? |
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L’idée m’est venue en avion, en lisant le projet de loi de 2004 sur l’accessibilité des personnes handicapées. La réflexion fait son chemin quand en Angleterre chez un client, je vois l’installation d’un système efficace de rampe d’accès mobile. Je me suis alors vite aperçu qu’en étant en fauteuil roulant, l’accessibilité aux lieux publics devient vite problématique. Pour moi il était nécessaire de chercher à apporter de vraies solutions, réellement pratiques.
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Quelle est la vocation de votre entreprise ? |
Pour nous, l’objectif est de faire en sorte que les personnes en fauteuil puissent être des consommateurs à part entière, puissent aller voter et se déplacer dans tous les lieux publics : administrations, commerces et entreprises. Les travaux de mise aux normes d’accès sont souvent très coûteux et aujourd’hui 73 % des établissements recevant du public ne sont pas accessibles. Nous proposons donc d’installer dans ces lieux un service de rampes d’accès mobiles qui a le mérite d’être économique avec une installation très facile, en quelques minutes.
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Créer une entreprise c’est difficile, quels soutiens avez-vous pu solliciter ?
Dans un premier temps, nous avons répondu à un appel d’offre de la SNCF pour mars 2005, nous devions donc être prêts avant et nous avons créé EX-INDUSTRIES le 28 février 2005. J’ai trouvé un stagiaire grâce à mon ancienne école de management et j’ai pu le recruter par la suite. J’ai eu recours à un cabinet d’avocats et à un expert-comptable pour obtenir des conseils juridiques et rédiger notre business plan. Nous avons aussi participé au Salon « Handicapé compétent » à Lyon afin de nouer des contacts, rencontrer des associations de handicapés comme l’APF et divulguer notre projet.
Quelles difficultés avez-vous rencontrés ?
Le problème principal aujourd’hui encore c’est de trouver des personnes prêtes à financer le projet, notamment pour pouvoir lancer un système d’appel à distance avec un serveur vocal interactif, Handipass, prototyper et tester ce système. Il nous faut également trouver une ville pour tester notre prototype. Nos demandes de subventions au niveau départemental et régional n’ont pour l’instant toujours pas abouti et ont été renvoyées en audits lors des derniers changements politiques en Rhône-Alpes.
Comment allez-vous réagir pour pallier ce manque de financements ?
Heureusement un gros marché passé avec la SNCF commence à porter ses fruits, nous devrions pouvoir fournir des rampes d’accès pour un bon nombre de gares et ainsi générer des revenus à investir dans le serveur interactif. Mais surtout grâce à mon autre entreprise qui fonctionne bien, je vais réinjecter, en tant qu’actionnaire principal, des fonds pour EX-INDUSTRIES et lancer le projet Handipass.
Commercialement, comment comptez-vous vous développer ?
Premièrement lancer et commercialiser le système Handipass. Nous souhaitons ensuite élargir la gamme de possibilité de ce serveur afin de faciliter l’accès à la ville aux personnes handicapées moteur mais également visuel, auditif, psychique et mental. Par ailleurs, dès que celui-ci sera lancé nous espérons recruter quelqu’un pour gérer l’approvisionnement et les transports des produits. D’ici la fin de l’année, si tout se passe bien, l’entreprise comptera 4 membres.
Qu’est-ce que le prix du salon a changé pour vous ?
Tout d’abord, le fait que des spécialistes de la création d’entreprise croient en nous est très crédibilisant. Une telle reconnaissance c’est un gage de confiance et ça nous donne envie de nous battre encore plus.
Mais surtout cela nous a permis de nous faire connaître, nous avons eu un reportage sur France 3, des articles dans la presse régionale et dans la revue Défi. D’ailleurs des étudiants de Tours ont ainsi pris connaissance de notre projet et nous ont proposé la réalisation d’une étude de marché.
Enfin, l’apport financier va soutenir notre projet de lancement !
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