Olivier Valentin, que dites-vous à un client pour le convaincre d'investir quelques
milliers d'euros pour faire jouer ses collaborateurs avec vous ? |
Je lui démontre qu'une personne qui se prend au jeu atteint un degré de motivation supérieur par rapport à son contexte professionnel habituel et qu'elle assimile d'autant plus les notions auxquelles nous voulons la sensibiliser qu'elle se met à les vivre physiquement et intensément. Tous les professionnels de la formation qui utilisent nos mises en scène peuvent en témoigner, ainsi que les sociétés telles que Karcher, Monoprix, Shell ou Hachette qui ont recours à nos services.
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Quels grands buts poursuivez-vous dans vos différents scénarios d'animation? |
Créer de la cohésion entre différents groupes au sein de l'entreprise, travailler l'écoute, développer la communication entre individu au sein d'un groupe, donner des méthodes pour la collecte ou le traitement de l'information. À la faveur d'une enquête policière, c'est édifiant de comparer les différents modes de raisonnements et d'actions, selon les profils et les fonctions des collaborateurs, de permettre à chaque service de mieux se repérer par rapport aux autres en fonction des aléas du jeu. Nous favorisons les similitudes de comportements entre un détective et un manager : quête de l'information, esprit de déduction, travail d'équipe. D'autre part, nos mises en scène font travailler chaque équipe sur la conception et l'application de stratégies collectives.
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Vous aviez 25 ans lorsque vous avez créé Minuit Moins Dix, qu'est-ce qui vous a incité à vous lancer si vite dans cette activité si particulière ?
J'aurais voulu commencer encore plus tôt ! En école de commerce, j'avais déjà fait mon mémoire de fin d'étude sur ce projet. Je savais que je voulais entreprendre et réaliser mon idée, mais je sentais que les conditions du succès n'étaient pas encore réunies. J'ai passé un an chez Ubi Soft France où j'ai travaillé sur le contenu du site Internet : une excellente opportunité pour développer ma culture des jeux, étudier des scénarios, inventer des personnages ou des situations. C'est pendant cette période que j'ai rencontré mon associé Frédéric Rivet. Sa formation de graphiste et son expérience dans une agence de motivation par le sport l'ont amené naturellement à s'intéresser à la même idée. Nous avions tous les deux participé à des jeux de rôles durant nos loisirs et nous partagions le même étonnement devant les effets que produisent les jeux sur leurs participants. En professionnalisant la démarche, nous étions convaincus de lui trouver de nombreux débouchés pour faciliter les relations humaines dans l'entreprise.
Dans un tandem comme le vôtre, comment se distribuent les tâches ?
Par chance, nous avons des talents et des envies parfaitement complémentaires. Je m'occupe du développement commercial, de la rédaction des textes des différents documents remis lors d'un événement. Frédéric aime produire le jeu et ses différents éléments (accessoires, documents, décoration…), contrôler l'avancée des travaux et s'occupe des aspects administratifs. Par contre, lorsqu'il s'agit de concevoir une nouvelle aventure, nous reformons notre équipe, parfois avec l'appui d'un comédien.
Comment prospectez-vous ?
D'abord, il faut nous représenter comme des VRP permanents et exclusifs de notre société. C'est le bouche-à-oreille, le marketing viral qui génèrent l'essentiel de nos contacts. Nous avons la chance d'exercer une activité qui suscite immédiatement la curiosité et l'intérêt. Même au cours d'une soirée privée, nous pouvons parler boulot sans ennuyer personne. Cela crée même un sujet de conversation en général très animé. Nous avons créé un site Internet qui remonte aussi pas mal de contact.
Quelle importance les réseaux ont-ils pour le développement de votre activité ?
Bien travailler nos réseaux est un facteur-clé de succès. Sur le plan commercial, il y a bien sûr tous les anciens de l'école EM Lyon, les prescripteurs comme les agences de communication ou les cabinets de formation, mais aussi les anciens clients qui peuvent reconduire une opération pour leurs équipes ou nous ouvrir d'autres portes dans leur entreprise. Il nous faut aussi recruter en permanence des partenaires potentiels. Dans l'événementiel, l'activité est irrégulière, très saisonnière. Pour maintenir la société à flot, il faut éviter d'alourdir les structures. Une opération peut ponctuellement demander le recrutement de plusieurs dizaines de personnes, avec des compétences variées : comédiens, techniciens du spectacle, décorateurs, graphistes, animateurs sportifs, etc. À nous d'avoir la capacité à constituer rapidement ces équipes et assurer une coordination parfaites des intervenants. En ce sens, l'animation de réseau est un savoir-faire à la fois exigeant et crucial car elle a un impact direct sur la qualité de votre prestation et sur votre image de marque.
Comment imaginez-vous la suite pour les 5 ans qui viennent ?
D'abord être reconnus par nos différents publics comme les spécialistes de ce type d'animation. Ensuite faire évoluer nos structures de façon très raisonnée. Enfin, développer le co-branding avec les agences et les cabinets qui ont un fort potentiel de diffusion de nos produits, ce qui suppose de définir les modes contractuels de partenariats.
Pensez-vous dès maintenant à la revente de votre entreprise ?
En 2000, si j'avais voulu créer une entreprise dans cette optique, j'aurais plutôt créé une start up, non ? |