Philippe Jean, racontez-nous l’origine de la création de 2Bases ? |
C’est difficile à croire, mais j’ai davantage créé cette entité avec ma femme pour le côté fun et challenge personnel que pour l’aspect business et rentabilité. Je suis un grand passionné de statues et j’aime beaucoup Johnny Hallyday. Lorsque l’opportunité s’est présentée, il y a quelques années, de rentrer dans l’entourage de Johnny, j’ai eu l’idée de réunir ces deux univers en créant ma première statue à l’effigie de notre star nationale. Nous avons négocié les droits auprès de Polygram, aujourd’hui devenu Universal, avant de commercialiser notre première statue dans les magasins et les fans-clubs. Cette réussite nous a ouvert de nouvelles perspectives. Aujourd’hui, nous étendons notre gamme avec une statue de Serge Gainsbourg.
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Comment fait-on du business avec les stars ? |
C’est une question d’opportunité. J’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Sinon, je ne l’aurais sans doute pas fait. Le monde du show biz est un monde à part, très exposé et donc très protégé. Les stars sont peu disponibles et les règles de business sont plus dures. Chaque fois que nous réalisons une nouvelle statue, il nous faut l’accord de la personnalité ou de ses héritiers, et de la société qui gère les droits. Bref, c’est un parcours du combattant qui peut durer une année entière !
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C’est Patricia qui assure les choix artistiques de l’entreprise. Je m’occupe essentiellement de la négociation des contrats, de la commercialisation et de la gestion. Nous faisons par ailleurs appel à un artiste qui crée les statues et nous avons mis au point un accord de commercialisation avec une société qui les distribue à travers un réseau d’une centaine de magasins en France.
Non, il faut savoir être raisonnable. Nous avions sérieusement étudié la question et nous savions que notre clientèle potentielle s’évaluait à environ 3 000 personnes en France, en Belgique et en Suisse. C’est un marché assez étroit : seuls les véritables fans, ceux qui ont Johnny dans la peau, vont l’acheter. On ne ramène pas chez soi une statue de Johnny comme on achète un vase chinois. Avec la statue de Gainsbourg, on pense toucher une clientèle plus large, car on s’adresse à un public différent, plus intellectuel. Pour vous donner un ordre d’idée, nous avons vendu environ 1500 statues de Johnny en 2 ans. On pense doubler ce chiffre avec Serge.
C’est effectivement un marché de niche, mais alors, comment faites-vous pour rentabiliser votre entreprise ?
Nous avons une deuxième activité qui vient en complément et qui est plus axée vers les entreprises. Nous réalisons par exemple des logos en 3D pour en faire un bel objet que nos clients exposent dans une salle de réunion, sur un bureau, ou offrent à leurs clients ou à leurscollaborateurs.
Comment sont rémunérés vos sous-traitants ?
Notre artiste tout comme notre chargé de distribution touchent un pourcentage sur toutes les statues vendues. C’est un système qui satisfait tout le monde et qui nous épargne des frais fixes trop importants pour l’entreprise. Si la statue est un succès, tout le monde est gagnant.
J’imagine que vous y investissez tout votre temps de libre…
Vous savez, 2Bases représente une activité relativement réduite. Au lieu d’aller jouer au squash tous les week-ends, moi je m’occupe de la gestion, du courrier, des démarches diverses et variées de ma société. De temps en temps, j’ai des réunions pour la commercialisation ou le lancement d’une nouvelle statue après le travail. C’est une passion comme une autre qui n’empiète pas sur mon autre métier.
Lorsqu’on innove, il faut se faire connaître. Quelle a été votre stratégie sur le plan de la communication ?
Nous l’avons orientée sur 3 axes : l’exposition sur des salons comme “maisons et objets”, la vente directe, et à travers les sites Internet dédiés à Johnny Hallyday. Ces sites nous sont d’ailleurs très utiles : nous n’avons pas de site Internet en propre et ils sont nos relais pour faire connaître notre activité sur le web.