Signaléthique en quelques mots :
« J’ai toujours voulu créer une entreprise qui mette en valeur la démarche entrepreneuriale et qui soit à la fois une activité économique et sociale », explique Nicolas Saillard.
Comment fait-il ?
Il vend des produits équitables comme cadeaux d’entreprise. En personnalisant leur conditionnement, il permet ainsi à ses clients de valoriser leur démarche citoyenne.
Par exemple :
L’entreprise offre un cadeau accompagné d’un livret ou un CD descriptif, respectant sa charte graphique et relayant ses messages.
Ses clefs de réussite :
* Adopter une démarche pédagogique :
Sur un marché peu connu mais dont tout le monde parle, les idées reçues sont courantes. Nicolas Saillard doit faire comprendre sa démarche, les enjeux et prouver la qualité de ses prestations. Il choisit de communiquer activement avec des outils adaptés :
- un site Internet
- des encarts publicitaires
- la participation à 6 salons professionnels : ce qui lui permet de constituer une base de données qualifiée de près de 1500 contacts à qui il envoie une newsletter.
« Depuis la rentrée 2007, tous ces efforts commencent à porter leurs fruits, les clients achètent beaucoup plus rapidement qu’avant, on nous appelle. Notre marque devient petit à petit une référence en matière de commerce équitable pour les entreprises. »
* Oser se lancer, malgré le manque d’information :
Pour la création du projet, Nicolas Saillard étudie pendant 4 mois tout ce qui se fait en matière de commerce équitable. Il rencontre des entrepreneurs, des acteurs du secteur.
« C’était une étape importante pour la définition du projet mais peu rassurante. Il y a très peu de données sur les entreprises de commerce équitable, les chiffres sont rares et souvent peu fiables. Il a fallu oser se lancer sans vision précise du marché, sans aucun résultat tangible pour défendre mon projet.»
* Savoir adapter et réorienter l’entreprise en fonction du marché et des besoins des clients :
Dans les premiers temps de Signaléthique, Nicolas Saillard souhaite vendre ses produits aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises.
Mais très vite, il se rend compte que la vente directe aux particuliers va nécessiter des investissements lourds, dans un marché déjà très concurrentiel.
« Nous avons préféré nous repositionner et ne faire que du cadeau d’entreprise, même si cela comportait des risques. À ce moment-là, nous n’avions aucune donnée fiable sur les attentes des entreprises en matière de commerce équitable. »
Et il a raison !
Il découvre une demande forte en matière de commerce équitable. Les entreprises sont intéressées par ses produits mais plus encore par l’idée de valoriser leur image auprès de leurs clients, salariés ou prestataires avec une présentation de leur démarche citoyenne.
« Nous avons alors pris un second virage ! Sans abandonner la vente de cadeaux, nous nous sommes tournés vers l’événementiel. »
Il recrute une chargé de projet événementiel expérimentée et propose à ses clients d’animer des rencontres sur le thème du commerce équitable :
- une journée de sensibilisation auprès de 1300 commerciaux lors d’une convention d’entreprise
- un voyage en Inde pour faire visiter des coopératives à plus de 200 salariés
- des animations lors de la semaine du commerce équitable dont ils sont partenaires
* Créer sa propre légitimité :
«Aujourd’hui malgré les définitions officielles, le marché et les procédés des acteurs sont assez flous. L’activité est peu encadrée, il nous faut donc constamment expliquer notre démarche et démontrer l’efficacité de nos actions. »
Il développe donc ses propres filières de production et prend le parti de ne vendre que ses produits :
«Nous entretenons des rapports privilégiés avec toutes les coopératives avec qui nous travaillons. Nous nous déplaçons sur les lieux de production, nous leur proposons des maquettes de produits en fonction de nos besoins. »
Sa bonne pratique : créer leur propre garantie de qualité.
Chaque produit est livré avec des études d’impact de l’activité pour la coopérative productrice.
Ils réalisent eux-mêmes ces enquêtes sur place, avec des films, des interviews des producteurs et des données chiffrées sur le nombre d’enfants scolarisés, sur les actions sociales entreprises comme la création d’une bibliothèque.
* Anticiper les frais et les besoins sur le plus long terme possible :
La phase de démarrage de l’activité est longue et les besoins de financements énormes :
participation aux salons professionnels, déplacements dans près d’une trentaine de coopératives dans le monde, frais de communication, etc.
« De plus, nous n’avons pas pu trouver immédiatement de banquier pour suivre le projet. Notre business plan était bien trop imprécis, avec très peu de données fiables pour inspirer confiance ! »
Il doit donc financer entièrement son projet :
« J’avais de toute façon envisagé ce besoin et j’ai pu avec la vente de ma précédente entreprise, alimenter la seconde. »
Retour sur les Grand Prix des micro-entreprises
« Ce prix a représenté une reconnaissance très importante pour nous, il démontre la validité économique de notre projet. Il nous permet de prouver la qualité de notre travail et de notre démarche équitable. Nous communiquons donc activement sur ce prix : en signature de nos mails, dans nos newsletters, dans nos réponses aux appels d’offres… »